lundi 9 février 2009

la mercatique

L'Académie française a administré la démonstration de sa fécondité en créant les néologismes francophones destinés à remplacer "software" (logiciel) ou "walkman" (baladeur - trouvaille presque géniale, qui renvoie à la fois à la ballade musicale et à la balade à pied).

On ne peut pas dire que la vénérable institution se soit montrée aussi bien inspirée lorsqu'elle s'est mise en tête de forger un terme de remplacement pour le mot anglais marketing, qu'elle a rebaptisé mercatique. À moins qu'il s'agisse d'une sanction délibérée...

Car le mot mercatique est tellement voisin des adjectifs merdique et mercantile, l'un et l'autre péjoratifs, qu'on peut se demander si les académiciens français n'ont pas voulu châtier les praticiens du marketing, grands massacreur de la langue française, en imposant à leur discipline un nom aux saveurs infâmes.


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mercredi 4 février 2009

stéréoscopie


La presse francophone rend actuellement compte de la sortie d'un dessin animé "en 3D relief". Pourtant, en français, depuis plus de cent ans, la technique de photographie qui restitue le relief binoculaire s'appelle stéréoscopie. Aucun besoin, donc, d'une formule bancale comme "3D relief" pour qualifier un dessin animé stéréoscopique ; ou en stéréoscopie ; ou même en relief, tout simplement.

Si le cinéma en relief se mettait à prendre de l'importance dans la vie culturelle et les loisirs, la langue raccourcirait certainement le mot stéréoscopie en stéréo, comme elle a fait pour stéréophonie. Le risque de confusion entre la stéréophonie et la stéréoscopie, l'une et l'autre raccourcies en stéréo, est négligeable. Il suffira de préciser son stéréo ou image stéréo.

Dans l'audiovisuel et le multimédia, la vision en relief est particulièrement bénéfique aux sujets sur la danse et sur l'architecture, deux arts dans lesquels la troisième dimension revêt une importance majeure.

[photo ci-dessus : Annonciation, ballet dAngelin Preljocaj, cliché Photodanse.com]

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dimanche 1 février 2009

internautique : un adjectif pour internet

Le terme anglophone internaut, devenu en français internaute, a été judicieusement formé pour désigner qui navigue dans les méandres d'Internet. Ce mot à l'étymologie ingénieuse connaît un succès général qui n'est pas usurpé.

On note, au même moment, l'absence d'engouement pour l'adjectif correspondant : internautique, formé sur le modèle de nautique.

Pourtant, la privation d'un adjectif qualifiant rigoureusement ce qui intéresse l'internaute oblige à des périphrases insatisfaisantes car imprécises, comme "en ligne". Le jeu en ligne, le recrutement en ligne, sont des formulations trop vagues, qui pourraient aussi bien désigner un mode d'action téléphonique ("restez en ligne") ou une disposition physique ("placez-vous en ligne, les uns à côté des autres"). Dès lors, pour qualifier ce qui se rapporte à la navigation de l'internaute, la Mission linguistique francophone recommande résolument l'usage de l'adjectif internautique.

Un spécialiste de la création publicitaire en ligne, par exemple, pourra se targuer en français de posséder une compétence internautique plutôt qu'une "compétence web", selon l'actuel jargon du marketing où l'on fait dédaigneusement fi du fait que web n'est ni un adjectif (il ne saurait donc qualifier le substantif compétence) ni seulement un mot français ou francisé, contrairement à internaute et internautique.

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