vendredi 19 décembre 2014

pas de futur après si

Ce que les linguistes appellent joliment le sentiment linguistique, c'est l'instinct qui nous permet d'identifier sans réfléchir les fautes de grammaire dans notre langue maternelle. Donc de ne pas les commettre. Les journalistes semblent souvent très peu sentimentaux sur ce plan-là... Au point d'utiliser, pour certains d'entre eux, le futur après si. Ce qui donne par exemple [ dans Le Progrès de Lyon ] cette tournure que l'on croirait tout juste digne d'un enfant en très bas âge : "Si la construction sera abandonnée" (sic).

En anglais, when (quand) est suivi du présent pour exprimer le futur : when I am 64 signifiant quand j'aurai 64 ans. En français, c'est la conjonction si qui est suivie du présent pour exprimer une éventualité future : il faut dire "si vous venez, j'en serai ravi", et non "si vous viendrez, j'en serai ravi". On s'étonne de devoir le rappeler à des professionnels de la langue. Mais on s'étonne plus encore qu'ils s'obstinent dans l'erreur et tentent de démontrer à nos observateurs, avec beaucoup d'acrobatie, que la conjonction si accepte le futur. Or, non.*

*Ceux qui soutiennent ne pas commettre de faute estiment avoir droit au futur lorsque si exprime davantage une comparaison qu'une hypothèse, par exemple dans des phrases alambiquées, comme : "Si, malgré une opposition farouche au tracé choisi par la SNCF, le TGV arrivera bien en gare de Toulouse centre, il n'en va pas de même pour Montpellier."  En réalité, ils commettent bien une lourde faute mais s'expriment de façon tellement tortueuse qu'ils perdent le fil du lien entre leur "si..." de début de phrase et l'action future qui tarde à lui succéder dans leur propos.

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vendredi 5 décembre 2014

contro verse contre versus

Dans un contexte de type "David contre Goliath", on note une tendance récente [postérieur à l'an 2000] de la publicité et des médias francophones à remplacer le mot français contre par l'abréviation américaine "vs" [prononcée versus]. Cette abréviation a été créée par les anglophones pour exprimer le mot latin versus, lequel signifie en anglais contre

Mais, contrairement aux termes latins sternum ou lavabo, la préposition versus ne fait pas partie du vocabulaire français. Sous des dehors de latinisme chic, c'est un anglicisme banal et frimeur qui détrône sans nécessité la préposition contre, dont l'emploi restera préférable aussi longtemps que l'anglais et le français ne seront pas devenus une seule et même langue, et que ni le snobisme ni le suivisme ne seront devenus des vertus.

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