vendredi 17 mars 2017

prejudice ou préjudice ?

L'un des faux amis les plus trompeurs entre le français et l'anglais est le mot prejudice (anglais, sans accent aigu) ou préjudice (français). En anglais, your prejudice, ce sont vos préjugés. Ce sont souvent eux qui porteront préjudice et non l'inverse ! On notera que l'anglais prejudice est invariable : prejudice, ce sont les préjugés. De même, le verbe to prejudice ne signifie pas porter préjudice.

Le 16 mars 2017, l'AFP s'est engouffrée dans ce piège et a entraîné tous les médias francophones d'Europe à sa suite. Au sujet d'un décret présidentiel repoussé, la veille aux USA par un magistrat hawaïen, on nous a répété que ce décret avait été reconnu susceptible de causer "un préjudice irréparable", alors qu'il a été déclaré de nature à inscrire des préjugés (religieux, en la circonstance) de façon irrémédiable dans la législation américaine.

mardi 14 mars 2017

érotomanie : le délire amoureux et non la frénésie sexuelle

Contrairement à une méprise fréquente, l'érotomane n'est pas un obsédé sexuel. C'est un obsédé d'un autre ordre : l'érotomanie est une maladie mentale qui porte à se croire aimé d'amour par une personne, souvent importante, qui ne vous manifeste en réalité que peu d'attention et aucun sentiment amoureux. Cette maladie psychiatrique aux effets souvent violents (tentative de meurtre de la personne indifférente au sujet délirant, dénonciations calomnieuses pour viols ou agressions chimériques, chantages) affecte trois fois plus de femmes que d'hommes. Elle fait donc trois fois plus de victimes chez les hommes que chez les femmes, contrairement à une idée reçue selon laquelle toute violence liée à la vie sentimentale serait, bien entendu, l'œuvre des hommes sur les femmes.

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samedi 11 mars 2017

l'avenir est passé (de mode)

Le contraire du passé, en français, c'est l'avenir.

Mais une langue vivante est vulnérable par nature. Et certains de ses mots les plus nécessaires peuvent mourir sous les coups de l'ignorance. Dès le début des années 1990, la Mission linguistique francophone constatait qu'une forte majorité de professionnels de la langue française (journalistes, publicitaires, dialoguistes) ignorait l'existence de l'avenir, et notamment du proche avenir, obstinément appelé "le futur proche", sous l'influence de mauvaises traductions de l'anglais [en anglais, l'avenir se dit "the future" ; et "dans un proche avenir" se dit "in the near future"].

Rien n'ayant été fait pour remédier à la diffusion omnidirectionnelle de cette bévue, les moins de 25 ans ont été soumis toute leur vie à l'idée que le contraire du passé était le futur. Ils s'étonnent qu'on s'étonne de cette méprise anglomane. Car pour eux, déjà, le français avenir n'est plus qu'un lointain souvenir...